
Pour la formation continue
Jean-Claude Crevoisier
La nécessité autant que l'importance de la formation continue appellent une véritable politique qui ne se limite pas, de la part des élus, à de généreuses envolées lyriques et à de vagues déclarations d'intention sans conséquence pratique.
Le changement et l'innovation, de tout temps, ont dirigé l'évolution tant de l'économie que de la société en général. C'est toujours le cas aujourd'hui. Toutefois le rythme de cette évolution s'est accéléré; ce qui exige, des institutions comme des personnes physiques, une adaptation permanente.
Autrefois, on pouvait croire que l'éducation, acquise dans la petite enfance, puis durant la scolarité obligatoire et enfin au travers de la formation professionnelle initiale, suffirait pour toute la vie. On sait maintenant que cette époque est révolue. Ces années de formation premières restent indispensables. Avec les apprentissages essentiels qui y sont dispensés comme la lecture, l'écriture et le calcul. A cela toutefois doivent aujourd'hui impérativement s'ajouter, pour réussir une insertion économique et sociale future, l'éveil de la curiosité, l'envie d'apprendre, l'acquisition de méthodes de travail efficaces, le développement de compétences favorisant la communication, les relations et la coopération interpersonnelles.
Mais après ce temps, qui devrait être pour tous béni, de la formation initiale, chacun doit affronter un environnement en perpétuel changement et une production incessante d'informations, des informations à trier pour n'en retenir que ce qui est pertinent et utilisable. Une capacité d'intégration continue des nouveautés est devenue incontournable pour pouvoir tirer profit des changements (et non les subir) qui surviennent; dans la société comme dans la profession apprise.
Le principe d'une formation tout au long de la vie ne s'impose plus seulement pour favoriser l'épanouissement personnel des individus mais bien pour assurer le bon fonctionnement de la société dans son ensemble et des entreprises économiques en particulier.
Cette réalité incontournable devrait conduire à la reconnaissance du caractère d'utilité publique de la formation continue pour tous et de la place qui doit impérativement lui être faite tant dans la législation que dans les budgets de l'État et des entreprises.